Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les aventures de Caro et Romain
Publicité

Absurdités en Asie du sud-est

Quand on part en voyage dans un pays lointain, il arrive toujours un moment où le bien-fondé de pratiques locales nous paraît un peu sujet à caution : manger la soupe avec des baguettes, monter à 7 sur une moto...

Bref, voici donc notre article "What the fuck?" en Asie du sud-est, et en particulier au Laos.

Transport

1) Dans toutes les villes du Laos, les gares routières se trouvent systématiquement à plusieurs kilomètres du centre-ville. Vous allez dire que c'est normal, qu'il faut de la place pour faire une gare routière et qu'il n'y a donc généralement pas la place en ville. Oui, sauf que :

  • on traverse parfois plusieurs kilomètres de campagne depuis le centre avant d'arriver à la gare, preuve qu'elle pourrait sans doute être construite un peu plus près.
  • il y a parfois une ancienne gare routière désaffectée tout aussi grande dans le centre-ville.
  • les entrepôts de bus sont parfois dans le centre-ville : les bus posent les gens dans la gare routière au milieu de la campagne et une fois vide vont passer la nuit dans le centre juste en face de votre hôtel...

Publicité

En fait la vraie raison est, semble-t-il, que pour faire marcher l'économie locale (notamment les tuk-tuks), le gouvernement a fait déplacer les gares routières en lointaine périphérie.
Evidemment pour que les passagers ne s'en rendent pas trop compte, il n'y a que deux solutions :

  1. faire des bus sans fenêtre.
  2. ne pas faire passer les bus en centre-ville.

La deuxième solution a évidemment été préférée mais ce n'est pas sans conséquence : le moindre bled a du coup 4 gares routières différentes (une pour chaque point cardinal)...


2) A peu près à chaque fois qu'on a du prendre un tuk-tuk dans une gare routière au Laos, nous avons été confrontés à un rituel un peu étrange : le chauffeur nous embarquait dans son tuk-tuk, faisait un tour de la gare routière en klaxonnant comme s'il cherchait quelqu'un puis revenait à son point de départ puis nous faisait changer de véhicule... nous n'avons toujours pas d'explication.


3) Une autre pratique quasi systématique et particulièrement agaçante au Laos : les chauffeurs de tous les bus font une pause déjeuner d'une bonne trentaine de minutes entre 5 et 10 minutes après le départ du bus... bah oui, parce qu'avant de partir c'était pas comptabilisé dans les heures de travail!
Quand déjà on vous a annoncé que vous alliez mettre 9h à faire 300km, et qu'il faut généralement ajouté 30% à cette durée annoncée, ça agace un peu...
Dans le même genre, il y a la pause pour faire le plein à 2km de l'arrivée qui est assez courante aussi et qui est particulièrement la bienvenue après 12h de voyage.
Ou alors un arrêt de 30min dans la campagne juste parce qu'un camion est arrêté au bord de la route. Après 30min : "mais en fait les gars je crois que ça passe ! à bah ouais ça passe même large ! Qu'est-ce qu'on est con d'avoir attendu !"

Mais comme on est jamais content, au Laos on se plaignait de mettre trop de temps, en Birmanie on priait pour que ça en prenne plus. Il faut dire que les bus de nuit arrivent systématiquement entre 3h et 4h du matin dans des villes complètement mortes...

4) En Indonésie, nous avons fait la (regrettable) expérience du "kijang" : il s'agit d'une sorte de taxi collectif 4x4 censé faire les trajets plus rapidement que les bus à un prix à peine plus élevé. Cependant nous ignorions la capacité officieuse d'un tel véhicule : montés en premier, nous étions seulement 2 plus le conducteur. Puis nous avons accueilli une personne à l'avant, deux à l'arrière et une troisième au milieu (la rangée ou nous étions). A 7, nous étions alors déjà bien serrés, sans compter que cette configuration n'est pas vraiment faite pour accueillir également les bagages (les sièges arrières prenant la majeure partie du coffre). Mais le chauffeur continuait à chercher de nouveaux passagers : ah tiens! en fait il y avait trois places à l'arrière! ah, et puis aussi 3 à l'avant (bah oui, il suffit de mettre les jambes autours du levier de vitesse!), ah et puis aussi 4 au milieu!
Bon bah là on voit difficilement comment on peut encore rajouter du monde (surtout qu'il y a quand même près de 10h de route...). Ah mais si en fait il y avait 4 places à l'arrière! et puis pour les bagages en trop, on peut les accrocher sur le capot avec un morceau de ficelle trouver sur le bas côté! Donc voilà : la capacité d'un kijang c'est au moins 11 personnes. Mais ce qui nous inquiétait le plus, c'est que le conducteur continuait quand même à chercher des passagers...

Culture

1) Le Lao est une langue extrêmement simple vu que certains mots ont suffisamment de sens pour faire une conversation entière.
En croisant un ami dans la rue vous aurez donc parfois cette conversation haute en couleur :
-Sabaïdii!
-Sabaïdii!
-Sabaïdii bo?
-Sabaïdii! Sabaïdii bo?
-Sabaïdii, Sabaïdii!
La traduction française est comme vous pourrez le constater, beaucoup plus complexe :
- Bonjour!
- Salut!
- Tu vas bien?
- pas mal! et toi?
- ça va!

2) Une des plus belles performances d'un pays chaud et humide comme le Laos en terme d'absurdité est sans doute la construction d’hôtels sans fenêtres :
Quoi de tel, quand il fait 40°C et 100% d'humidité que de rentrer dans une chambre (évidemment non climatisée) qui n'a plus été aérée depuis sa construction!

Un hôtel Lao. A part la réception en bas à droite, pas de fenêtre, juste une porte par chambre...

Un hôtel Lao. A part la réception en bas à droite, pas de fenêtre, juste une porte par chambre...

3) Les Lao ont également trouvé une solution imparable pour prendre un bon repas rafraîchissant quand il fait 40°C et 100% d'humidité : un bon bol de soupe bien chaude et extrêmement pimentée. Vous arrivez généralement dans le restaurant en nage et repartez avec la barbe et les cheveux en feu et les yeux en pleurs. Et c'est pas comme si vous aviez le choix du repas! Et en plus, la soupe, ils la mangent avec des baguettes alors qu'ils mangent le riz avec les doigts...

Publicité
Qu'est-ce qu'il fait chaud, je prendrais bien une bonne soupe!

Qu'est-ce qu'il fait chaud, je prendrais bien une bonne soupe!

Ah! ça va beaucoup mieux!

Ah! ça va beaucoup mieux!

Mais si vous n'aimez pas le riz et la soupe vous pouvez aussi manger du poulet (il y en a d'ailleurs parfois dans la soupe!) qui sera toujours découpé selon la technique ancestrale sud-est asiatique du hachoir : ici pas de beaux morceaux de blanc ou de belles cuisses, que des morceaux plein d'os!

4) En Indonésie, nous avons été confrontés à une pratique pour le moins étrange : si dans toute l'Asie du sud-est, il est courant de se faire prendre en photo par les locaux ou que ceux-ci vous demandent de les prendre en photo puis demandent à la voir sur votre appareil, en Indonésie, il arrive que des gens vous demandent de les prendre en photo (juste eux, hein, pas vous!), tout en riant aux éclats, puis s'en vont... "Don't you want to see the picture?", "no, no!". Ah OK, bon bah on va l'effacer du coup, parce que nous non plus, elle ne nous intéresse pas vraiment cette photo!


5) Pour terminer, nous allons révéler un terrible secret qui va sans doute faire exploser la criminalité en Asie du sud-est et particulièrement les vols de vélo, mais tant pis, après tout, nous sommes un peu les Edward Snowden des tourdumondiste!
Quand on vous loue un vélo, on vous donne généralement un anti-vol qui comme son nom semble l'indiquer sert à éviter de se le faire voler.
Mais, fait extrêmement étonnant, tous les cadenas dans toutes les villes ont exactement la même clé (en fait en regardant de près, on se rend compte que le clés ne sont pas parfaitement identiques, mais il se trouve que le mécanisme des anti-vol est suffisamment mal foutu pour que toutes les clés puissent ouvrir n'importe lequel, ce qui soi-dit en passant est très pratique en cas de perte de la clé. Quand les voleurs de vélo locaux se rendront compte de ça...

Deux clés de deux anti-vol "différents"...

Deux clés de deux anti-vol "différents"...

Publicité

Voilà pour les meilleurs absurdités auxquelles nous avons été confrontés, mais on en a encore plein sous le coude!

Ce sera sans doute un de nos derniers articles, vu qu'on rentre dimanche prochain et que ça vous paraîtra sans doute moins exotique de nous lire quand on sera revenu!

Voilà quand même la sélection de (superbes) photos du Laos :

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Sinon il y a aussi l'option bus surclimatisé et chauffeur tyrannique au cambodge: si tu n'as pas prévu la polaire (parce qu'il fait 40°C dehors), tu n'as pas le droit de récupérer un pull dans tes bagages en soute quand tu réalises qu'il fait -5°C dans le bus, même si le bus fait un arrêt pipi... Le tout sur fond de karaoké en khmer (je ne m'étendrai pas sur le sujet, vous avez magistralement illustré le propos en video dans un article précédent). Ou encore le bus de nuit de luxe avec couchette où tu crois naïvement que tu vas pouvoir dormir confortablement jusqu'au moment où tu réalises que le bus n'a pas d'amortisseurs et que la route est en réalité un chemin de terre rempli de nids de poules (voire d'autruches), et que la couverture gracieusement fournie grouille de charmantes punaises de lit qui te laissent un souvenir impérissable de ce trajet inoubliable, au son du videogag local...
Répondre
F
hilarant! au final la Birmanie c'est petit joueur par rapport au Laos :)
Répondre
M
On sera si content de vous revoir... Vous savez ici aussi il y a plein mais alors plein d'absurdités, vous ne serez pas dépaysé et pour vous faire atterrir en douceur, on vous fera de la soupe que vous mangerez avec les doigts et un tiramisu avec des baguettes! Gros gros bisous.
Répondre