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Les aventures de Caro et Romain
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El Paro

En revenant de notre séjour dans la jungle (on vous fera un article sur la jungle dès que possible!), nous avons atterri par bateau dans le petit port de Yurimaguas au lever du soleil. Si le trajet en bateau (2 jours) avait été très calme et très reposant, rejoindre Tarapoto depuis Yurimaguas ne fut pas une mince affaire!

Avant notre arrivée, dans le bateau, plusieurs personnes nous avaient parlé de « Paro » sans que nous comprenions très bien de quoi il s'agissait : nous allions découvrir une ville complètement bloquée par d'importantes manifestations contre la déforestation de l'Amazonie.

6h00 : Nous nous réveillons dans un brouillard épais. Le bateau a deux heures de retard et il faudra donc patienter un petit peu.

7h00 : Les rumeurs de « Paro » entendues la veille semblent se confirmer. Nous nous rapprochons d'un groupe de quatre français accompagnés de leur guide péruvien, Miguel qui pourrait nous être très utile pour sortir de la ville.

8h00 : Yurimaguas est en vu.

8h10 : Nous accostons. Nous sommes accueilli par une horde de manifestants hurlant bien décidés à empêcher les passagers de descendre et à immobiliser le bateau.

8h12 : Finalement, en jouant un peu des coudes, nous arrivons à descendre du bateau, aidés par la mauvaise organisation des manifestants. Nous nous mettons en route à pied pour l'agence de Miguel à l'autre bout de Yurimaguas. Nous traversons une ville en siège : tous les magasins sont fermés et des convois de moto-taxis de manifestants sillonnent la ville pour vérifier qu'aucun commerce n'ouvre.

8h45 : Nous arrivons à l'agence. Assoiffés, nous demandons à Miguel où acheter de l'eau. Il nous indique la porte de la voisine. Celle-ci nous fait entrer précipitamment dans son magasin et referme la porte à clé derrière nous. Avant de nous laisser ressortir, elle vérifie dans la rue que personne ne nous verra.

8h50 : Miguel téléphone à tous ses contacts de Yurimaguas à Tarapoto. Il a l'air un peu inquiet. Au bout de quelques appels, il nous annonce qu'on devrait pouvoir partir vers 11h. Un taxi nous attendra derrière le barrage routier.

10h40 : Les choses se compliquent : des passants rapportent à Miguel que de nouveaux barrages ont été installés sur les routes et qu'il est très difficile de passer. Miguel reprend son téléphone.

10h50 : Miguel raccroche la mine grave. Il nous annonce qu'il va falloir attendre encore.

12h30 : Après un repas précipité au cours duquel nous apprenons que le dernier paro avait duré trois mois et s'était fini dans un bain de sang, nous nous mettons en route sac au dos sous un soleil de plomb. Le plan : marcher jusqu'au premier barrage au kilomètre 4, de là se faire emmener en moto-taxi jusqu'au deuxième barrage au kilomètre 17 derrière lequel doit nous attendre un taxi.

13h00 : Le premier barrage est en vue mais il s'avère infranchissable : sur le chemin plusieurs personnes nous avaient déjà mis en garde.

13h10 : Deux moto-taxis se proposent de nous faire contourner le barrage en prenant des chemins de traverse. Sur les conseils de Miguel nous décidons de les suivre. Les chauffeurs sont sur leurs gardes. Ils redoutent d'être vus par des manifestants. Ils conduisent à toute vitesse, la tête entre les genoux, sur des chemins à peine carrossables.

13h15 : Les moto-taxis nous posent à une centaine de mètres d'un deuxième barrage, dont nous ignorions jusqu'alors l'existence. Nous remettons nos sacs et nous approchons du barrage. Une partie des manifestants commencent à hurler qu'il ne faut pas nous laisser passer. D'autres prennent notre défense arguant que les touristes n'ont pas à être mêlés à cette manifestation. L'atmosphère est un peu tendue. Certains manifestants (des indigènes) sont en costume traditionnel et armés de lances.

13h17 : Un homme qui semble être le leader du barrage prend la parole et se lance dans un discours enflammé exposant leurs revendications et nous invitant à nous allier à leur cause et à diffuser leur message à travers le monde (extrait vidéo ci-après). A la fin du discours, les manifestants applaudissent puis nous tombent dans les bras !

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El Paro

13h19 : Nous passons le barrage sous les applaudissements et les remerciements !

La joie est de courte durée : pas l'ombre d'un moto-taxi à l'horizon, il semble qu'il va falloir marcher avec nos sacs jusqu'au prochain barrage à 12km.

35°C à l'ombre. Pas d'ombre...

13h40 : Miguel n'en peut plus. Il n'a pas le courage de nous accompagner jusqu'au bout sachant qu'il devra retourner à Yurimaguas après. Il rebrousse donc chemin.

14h05 : Nicolas (un des français du groupe) commence à se sentir mal : rouge comme une écrevisse, un mal de tête à crever. Nous nous arrêtons pour prendre un jus de canne pour se donner des forces.

14h10 : Nous nous remettons en chemin.

14h30 : Nicolas est vraiment mal. Nouvel arrêt forcé en attendant qu'il se refroidisse un peu.

14h50 : C'est reparti.

15h30 : Nous croisons un moto-taxi. Nous chargeons tous les sacs dedans ainsi que Nicolas. Nous deux montons également, les trois autres continueront un peu à pied (mais sans sac).

15h35 : Nous croisons une moto qui hurle à notre chauffeur de faire demi-tour. Celui-ci s'exécute promptement et se dépêche d'aller se cacher un peu plus loin dans un petit chemin. C'est trop tard, il a été repéré par un convoi de manifestants en moto-taxis. Il semble désespéré et la foule hurle après lui. Chance, le leader du barrage est avec eux et calme le jeu quand il nous reconnaît. Nous repartons.

15h40 : Nous comprenons ce que redoutait notre chauffeur : tous les moto-taxis que nous croisons ont les pneus crevés.

15h50 : Notre moto-taxi nous pose environ 1km avant le barrage. Nous attendons les trois autres français.

El Paro

16h10 : Nous sommes au complet et reprenons notre route vers le barrage.

16h25 : Nous arrivons au barrage. Le taxi prévu n'est pas là. On nous annonce qu'il va falloir marcher jusqu'au kilomètre 40. On essaie de négocier. On entend toutes sortes de choses contradictoires : il va falloir attendre jusqu'à 18h, on va pouvoir nous emmener en moto-taxi jusqu'au km 40... finalement nous décidons de partir à pied sentant l'embrouille et miracle : un mini-bus pour Tarapoto à 50m ! nous montons dedans croyant être sortis d'affaire.

16h35 : 200m après le départ, un autre barrage... certains manifestants ne veulent finalement plus laisser passer le mini-bus. Le chauffeur parlemente quelques minutes puis le barrage s'ouvre.

16h40 : Ca y est, cette fois, nous sommes partis pour Tarapoto.

18h30 : Arrivée à Tarapoto, après une rude journée de route, alors qu'il ne faut normalement que 2h pour s'y rendre depuis Yurimaguas... une expérience fort intéressante !

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P
Quelle aventure! Et ben vous en avez de la chance...et puis 40km a faire a pied apres le huayna cest du pipi de chat ???? Bon voyage a vous deux.
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T
wooo. C'est l'aventure!
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H
Je vois que votre voyage commence bien!<br /> En attendant l'article sur la jungle...bonne continuation<br /> PS: notre article sur les temples d'Angkor arrive : aurelieolivier.overblog.com
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P
Ç'aurait été dommage de se faire lyncher après aussi peu de temps, quand même.<br /> Vous commencez fort !
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J
Content de vous savoir sain et sauf après ce discour palpitant... Juliette
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